
“ L'absurde, comme le doute méthodique, a fait table rase. Il nous laisse dans l'impasse. Mais, comme le doute, il peut, en revenant sur lui, orienter une nouvelle recherche. Le raisonnement se poursuit alors de la même façon. Je crie que je ne crois à rien et que tout est absurde, mais je ne puis douter de mon cri 'et il me faut au moins croire à ma protestation. La première et la seule évidence qui me soit ainsi donnée, à l'intérieur de l'expérience absurde, est la révolte. Privé de toute science, pressé de tuer ou de consentir qu'on tue, je ne dispose que de cette évidence qui se renforce encore du déchirement où je me trouve. La révolte naît du spectacle de la déraison, devant une condition injuste et incompréhensible. Mais son élan aveugle revendique l'ordre au milieu du chaos et l'unité au cœur même de ce qui fuit et disparaît. Elle crie, elle exige, elle veut que le scandale cesse et que se fixe enfin ce qui jusqu'ici s'écrivait sans trêve sur la mer. Son souci est de transformer.” – Albert Camus, L’Homme révolté
"La révolte naît du spectacle de la déraison...."
ReplyDeleteJe ne sais pas si je suis tout à fait d'accord.
Sq la déraison donne naissance à la révolte ? ou sq la révolte pourrait générer ou être la cause de la déraison ?
c'est très intéressant
Je crois que c’est la première. C’est la déraison qui évoque la révolte. Si on comprend pas on peut pas accepter, alors on révolte. La révolte peut générer la déraison des autres mais pas le rebelle, sinon ca sera un rebelle sans cause ! ( un peut familier non !!)
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